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Jusquen 1840, peu de Canadiens français sétablissent dans les Cantons de lEst. Dabord parce que des terres sont disponibles ailleurs dans les seigneuries en bordure du fleuve. Plus tard, plusieurs éléments rendent leur établissement difficile dans les townships : difficulté daccès, prix des terres à cause de la spéculation, différences culturelles et linguistiques. Néanmoins, quelques individus viennent sétablir dans les Cantons de l'Est, principalement comme journaliers ou ouvriers agricoles. Il y a bien quelques familles installées dans la région, mais elles sont isolées et souvent très pauvres. Les colons sont aidés par lÉglise catholique. En effet, celle-ci voit dun mauvais il des milliers de personnes quitter le pays pour les États-Unis parce quil ny a plus de terres disponibles ici. De plus, parce que les familles sont isolées et en raison du contact avec la culture anglophone, on craint que ces familles délaissent le français et la religion catholique. Ainsi, l'Église aident les familles à s'installer et à se regrouper, mais ces familles francophones sont encore peu nombreuses.
LÉglise va donc contribuer à louverture des Cantons de
lEst aux Canadiens français pour éviter qu'ils ne partent vers les États-Unis et
abandonnent leur culture. Suite aux appels de Bernard OReilly, qui sera curé de
Sherbrooke de 1846 à 1848, une association est fondée en 1848. LAssociation du
district de Montréal pour létablissement des Canadiens-Français (sic) dans les
Townships du Bas-Canada [1](PARENT, Gilles, Deux efforts de colonisation dans les
Cantons de l'Est, 1848 et 1851,...p.34) est parrainée par lInstitut
Canadien.
Avec laide de lAssociation, de lÉglise, puis du gouvernement du
Bas-Canada de nombreux colons canadiens français viendront sétablir dans les
Cantons de lEst. Larrivée du chemin de fer, linstallation de nouvelles
industries et la surpopulation dans les seigneuries de la plaine du Saint-Laurent
contribuent aussi à attirer les francophones. Avec le chemin de fer, les terres
sont plus faciles d'accès et les industries fournissent des emplois en grand nombre. Les
Cantons de lEst sont maintenant aussi attirants que les état de la Nouvelle
Angleterre. En fait, de 1844 à 1861, le nombre de Canadiens français a presque
quadruplé et ils forment près de 48% de la population en 1861, alors quils ne
comptait que pour 25% en 1844.
Dans les années 1850, peu de francophones sont propriétaires de grandes entreprises. Ils constituent surtout la main-duvre non-spécialisée. Larrivée des francophones se fait massivement à partir de 1840. En seulement 30 ans, ceux-ci deviennent majoritaires dans plusieurs cantons. À Sherbrooke, comme dans la plupart des cantons, le nombre de francophones et danglophones séquivaut dès 1871 et le nombre de francophones ne cessent alors de croître. Limmigration, mais aussi les familles nombreuses sont responsables de cette situation. À lépoque, dans le cadre de la « revanche des berceaux », les familles catholiques sont fortement encouragées à avoir plusieurs enfants pour contrebalancer la population anglophone. Plus il y aura de catholiques, plus l'Église pourra étendre son pouvoir. Au début, les Canadiens français sinstallent dans des cantons déjà défrichés, puis ils pénétrent de plus en plus vers lest, défrichant de nouvelle terres à leur tour.
Il faut dire aussi que les francophones ont profité par ricochet de
la ruée vers lor dans louest du Canada. À cette époque, plusieurs
anglophones quittent la région attirés vers lor ou les grandes terres laissées à
bon prix dans louest du pays par le gouvernement qui veut que les gens aillent s'y
installer. Ils laissent ici de nombreuses terres très fertiles que les francophones sont
plus que contents dachetés. D'autant plus, qu'il y a de moins en moins de terre
libres dans la plaine du Saint-Laurent et que les terres commencent à s'épuiser après
des décennies d'exploitation agricole. Cest le cas notamment des villages de Compton
ou Barnston qui deviennent majoritairement francophone à cette époque. Dans les Cantons
de lEst, les Canadiens français reproduisent laménagement du territoire
quils ont connus dans la plaine du Saint-Laurent. Tout en respectant le quadrillage
de larpentage propre aux cantons, ils sinstallent le long des rangs et de
façon parallèle à la plaine sur des lots plus longs que larges.[2] (GAGNON, Robert, Les
cantons de l'Est, initiation à la géographie régionale...p.15.) En choisissant
où
s'installer, les Canadiens français se préoccupent moins des facteurs physiques que leur
voisins anglophones.
Ainsi, le village nest pas nécessairement situé près dune chute deau ou au confluent de deux rivières, mais plutôt là où on choisissait de bâtir lÉglise. LÉglise était généralement bâtie sur une butte comme à Sainte-Catherine-de-Hatley ou à la croisée dun rang et dun chemin important comme à Saint-Camille. Ce modèle où les maisons sont groupées est avantageux lorsquil sagit dinstaller des services comme lélectricité ou la poste, mais cela ne tient pas compte des qualités du terrain.
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| Le peuplement des Cantons de l'Est |